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Le projet Chatounets

Le « projet Chatounets » est né d’une phrase que j’entends souvent « l’autisme c’est compliqué ». Et c’est vrai. Les non initiés, les personnes qui ne connaissent pas encore l’autisme et souhaitent se renseigner sur le sujet sont confrontés à des termes pour le moins obscurs pour un néophyte : « dyade autistique », « intérêts répétitifs et restreints », « comorbidités », « troubles des interactions sociales » et autre « hypo/hyper sensibilités ».

Tous ces termes expliquent le fonctionnement de la personne autiste et c’est l’objectif de mon site internet que d’expliciter à quoi ils correspondent. Pour autant, une définition théorique de ce qu’est la théorie de l’esprit par exemple, ne permet pas forcément d’en saisir la réalité pour la personne autiste et son impact sur les relations dans la vie de tous les jours.

Et comme le dit l’adage « une image vaut mille mots », ou pour correspondre au « projet Chatounets », les 1000 à 3000 mots de mes pages sont transformés en trois vignettes imagées.

L’objectif du « projet chatounets » est donc d’expliquer dans des mini bandes-dessinées de trois vignettes un des grands principes de fonctionnement de l’autisme. J’ai choisi de le faire avec humour, non pas par manque de respect pour les difficultés réelles que ce fonctionnement peut entrainer en société mais parce que celui-ci amène aussi parfois à des situations cocasses.

« Et pourquoi des chats ? » me demanderez-vous surement. Parce que j’adore les chats depuis toujours. Ils sont mes premiers amis lorsque j’étais toute petite, et ils ont toujours coloré mon existence par leur présence plus ou moins discrète à mes côtés et leurs petites attentions plus ou moins intéressées.

 

Épisode 1 : La compréhension littérale des expressions

Elle illustre la difficulté à saisir l’implicite, notamment dans les expressions/dictons.

Le projet Chatounets : la compréhension littérale des expressions

Le projet Chatounets : la compréhension littérale des expressions

Épisode 2 :  Initier une interaction sociale

Elle illustre un point de la dyade autistique qui concerne les interactions sociales, et notamment le fait d’initier les interactions sociales.

Le projet Chatounets : initier les interactions sociales

Le projet Chatounets : initier les interactions sociales

Cette deuxième bande-dessinée du projet Chatounets va servir à illustrer de manière ludique un point de la dyade autistique qui concerne les interactions sociales, et notamment le fait d’initier les interactions sociales.

Si le fait de débuter une conversation avec autrui semble aller de soi et être naturel pour la plupart des personnes, cela peut représenter une difficulté pour les personnes autistes. Comme elles ont peu de « sens social », elles ne savent pas toujours spontanément comment aller vers les autres. Ainsi le simple choix du mot employé pour initier le contact peut être source de questionnement, comme le fait de ne pas savoir s’il faut serrer la main d’une personne ou l’embrasser sur les joues pour la saluer. Le moindre élément composant le début de l’échange avec une autre personne est source d’interrogations et si celles-ci ne trouvent pas de réponse, cela deviendra un frein à l’interaction sociale car la personne autiste ne saura pas de quelle manière il est approprié de saluer une personne.

Aussi les personnes autistes ont souvent des difficultés à transposer les savoirs appris dans un domaine particulier à des situations plus générales. Ainsi le fait de saluer un camarade de classe à l’école ou son professeur, se fait de manière très différente et il faut avoir identifier quel est le statut de la personne que l’on salue afin de rechercher dans son répertoire de quelle manière celle-ci doit être abordée.

Ces difficultés qui semblent minimes et peuvent faire sourire représentent en réalité une source de stresse pour les personnes autistes. Si ce stresse est trop important et/ou que la personne autiste ne sait pas comment saluer son interlocuteur, elle préfèrera parfois éviter l’interaction sociale et ne pas entrer en contact avec autrui.

Que ce dernier point de précision ne vous empêche pas de rigoler à cette deuxième BD du projet Chatounets, parce qu’il est vrai que nos maladresses sociales sont parfois drôles.

 

Épisode 3 : L’hypersensibilité au froid

Elle illustre une partie des différences en matière de perception sensorielle chez les personnes autistes.

Le projet Chatounets : les hypersensibilités sensorielles

Le projet Chatounets : les hypersensibilités sensorielles

 

Épisode 4 : la théorie de l’esprit

Elle illustre les  difficultés qu’ont les personnes autistes à se représenter les états mentaux d’autrui

 

La projet Chatounets : la théorie de l'esprit

La projet Chatounets : la théorie de l’esprit

La théorie de l’esprit, ou la capacité à se représenter les états mentaux d’autrui a été théorisée par S. Baron Cohen qui montre dans son ouvrage « Mindblindness, an essay on autism and theory of mind » que les personnes autistes ont des difficultés à se représenter les états mentaux d’autrui.

C’est une des explications principales de cette fameuse maladresse sociale qui caractérise beaucoup de personnes autistes. C’est de là aussi que provient la croyance erronée qui consiste à penser que les personnes autistes n’ont pas d’empathie. Les personnes autistes ont de l’empathie, c’est-à-dire qu’elles possèdent la capacité à partager les sentiments d’autrui, encore faut-il qu’elles puissent les reconnaitre et les identifier. C’est souvent la partie la plus complexe pour une personne autiste puisqu’elle n’est pas toujours capable de reconnaitre les signaux (le regard, la forme de la bouche, la gestuelle…) par lesquels autrui exprime une émotion.

 

Episode 5 : les expressions du visage

Parmi les troubles de la communication qui sont reconnus dans les critères de diagnostic, on retrouve la catégorie des comportements non verbaux. Ils regroupent tout ce qui n’appartient pas au langage parlé/verbal : les gestes, l’intonation, le regard, les expressions du visage… C’est ce dernier point qui est développé dans la petite BD ci-dessous.

Le projet Chatounets : les expressions du visage

Le projet Chatounets : les expressions du visage

Le projet Chatounets : les expressions du visage

Le projet Chatounets : les expressions du visage

Les expressions du visage peuvent être incohérentes avec la situation (sourire lorsqu’une personne pleure), elles peuvent être atténuées ou inexistantes (donner l’impression que le visage est figé comme déconnecté du contexte) ou au contraire les expressions peuvent être exagérées (faire les gros yeux en mettant les mains devant la bouche comme si on avait commis un énorme impair alors que l’on a simplement fait tomber un papier sans importance, rire trop fort en exagérant les contour de la bouche…).

Accorder les expressions du visage avec son propre état émotionnel ou celui d’autrui ainsi que l’adapter à l’environnement demande souvent un effort conscient pour les personnes autistes, là où les personnes non-autistes font appel à des compétences qui sont innées. Les personnes autistes doivent « mettre » une expression sur leur visage.

Épisode 6 : ces vérités qu’il faut taire

Elle illustre la communication directe qui peut manquer de tact social et qui caractérise parfois les personnes autistes.

Le projet Chatounets : ces vérités qu'il faut taire

Le projet Chatounets : ces vérités qu’il faut taire

Les personnes autistes ne savent pas toujours ce qu’il convient de dire selon les circonstances. Elles peuvent complètement ignorer qu’une parole qu’elles prononcent est socialement inadaptée au contexte. Elles peuvent parfois, dire simplement une vérité, sans se rendre qu’elle est blessante pour la personne qui la reçoit ou ne pas comprendre le sens ni les intentions d’un mensonge .

Certaines personnes autistes ont des difficultés ou ne souhaitent pas  mentir. Cela peut provoquer des tensions avec les personnes non autistes qui n’ont pas l’habitude d’être face à des gens dont la parole peut sembler directe. Les non autistes fonctionnent beaucoup avec des sous entendus ou des expressions au second degrés. Il peut résulter de ces deux modes de communication différents, des quiproquos, des conflits et de l’incompréhension.

 

Episode 7 : les difficultés alimentaires

Le projet Chatounets : les difficultés alimentaires

Le projet Chatounets : les difficultés alimentaires

 

Beaucoup d’enfants et d’adultes autistes rencontrent des difficultés alimentaires liées aux troubles de l’oralité. Ils ont souvent pour origine une sensibilité particulière aux textures, aux odeurs ou aux couleurs. Elle peut entrainer :

  • Quantités alimentaires insuffisantes
  • Nausées et/ou vomissements
  • Lenteur de la prise alimentaire
  • Absence de plaisir
  • Hypersensibilité de la bouche et des lèvres
  • Refus des aliments nouveaux
  • Refus des morceaux
  • Troubles de la déglutition.

 

Les repas peuvent rapidement se transformer en parcours du combattant aussi bien pour la personne concernée que pour son entourage. Les troubles de l’oralité peuvent occasionner une forme d’anorexie si la personne s’alimente trop peu.

Il est possible de travailler sur les troubles de l’oralité pour les réduire avec un orthophoniste ou un psychologue spécialisé dans ce domaine.

 

Episode 8 : la naïveté des personnes autistes

Le projet Chatounets : la naïveté des personnes autistes

Le projet Chatounets : la naïveté des personnes autistes

 

Les personnes autistes peuvent être plus naïves que les personnes non autistes et ce pour plusieurs raisons. Elles ont tendance à prendre les éléments de langage au premier degrés et à ne pas interpréter les propos des personnes. Elles sont également plus susceptibles de manquer les signaux, les petits indices, qui montrent qu’une personne est en train de plaisanter.  Par exemple, si elles ne regardent pas leur interlocuteur, elles ne verront pas qu’il sourit légèrement quand il plaisante.

Cette naïveté des personnes autistes peut amener des situations amusantes, mais elle peut aussi les mettre en danger, notamment face à des personnes malveillantes. Ainsi, les personnes autistes se trouvent souvent être la proie de personnes manipulatrices qui peuvent leur faire croire n’importe quoi.