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La CIM-10

La CIM-10 est publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé et en est à sa 10 ème édition validée, la 11ème est en cours d’élaboration. Elle fait consensus auprès des professionnels au niveau international et son utilisation est recommandée par la Haute Autorité de Santé (HAS). A l’origine elle a été conçue par un médecin français à la fin du 19 ème siècle afin de déterminer les principales causes de morbidité et de mortalité. A la création de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1945, celle-ci est chargée de reprendre cette classification et de l’actualiser régulièrement. Elles utilise des critères de diagnostic qui sont validés.

 

 

 

La CIM-10 définit l’autisme selon la triade autistique et classe cette particularité dans la catégorie « F Troubles mentaux et du comportement », dans la section « 80 Troubles du développement psychologique » et dans la sous-section « 84 Troubles Envahissants du Développement (TED) ». Elle définit la triade autistique qui correspond aux trois critères principaux de l’autisme déclinés en plusieurs comportements repérables chez les personnes concernées.

Ce sont les fameux Troubles Envahissants du Développement TED (F84) dont la typologie est la suivante :

  • (F84.0) Autisme infantile
  • (F84.1) Autisme atypique
  • (F84.2) Syndrome de Rett
  • (F84.3) Autres troubles désintégratifs de l’enfance
  • (F84.4) Hyperactivité associée à un retard mental et à des mouvements stéréotypés
  • (F84.5) Syndrome d’Asperger
  • (F84.8) Autres troubles envahissants du développement
  • (F84.9) Trouble envahissant du développement, sans précision

On parle généralement de triade autistique pour définir les trois éléments qui constituent les critères de diagnostic principaux.

 

Triade autistique selon la CIM-10

 

Critères diagnostiques de l’autisme infantile (F84.0)

Cette forme d’autisme correspond à la triade autistique définit ci dessus :

A. Présence, avant l’âge de 3 ans, d’anomalies ou d’altérations du développement, dans au moins un des domaines suivants :

1) Langage (type réceptif ou expressif) utilisé dans la communication sociale ;

2) Développement des attachements sociaux sélectifs ou des interactions sociales réciproques ;

3) Jeu fonctionnel ou symbolique.

B. Présence d’au moins six des symptômes décrits en (1), (2), et (3), avec au moins deux symptômes du critère (1) et au moins un symptôme de chacun des critères (2) et (3) :

1) Altérations qualitatives des interactions sociales réciproques, manifestes dans au moins deux des domaines suivants :

a) Absence d’utilisation adéquate des interactions du contact oculaire, de l’expression faciale, de l’attitude corporelle et de la gestualité pour réguler les interactions sociales,

b) Incapacité à développer (de manière correspondante à l’âge mental et bien qu’existent de nombreuses occasions) des relations avec des pairs, impliquant un partage mutuel d’intérêts, d’activités et d’émotions,

c) Manque de réciprocité socio-émotionnelle se traduisant par une réponse altérée ou déviante aux émotions d’autrui, ou manque de modulation du comportement selon le contexte social ou faible intégration des comportements sociaux, émotionnels, et communicatifs,

d) Ne cherche pas spontanément à partager son plaisir, ses intérêts, ou ses succès avec d’autres personnes (par exemple, ne cherche pas à montrer, à apporter ou à pointer à autrui des objets qui l’intéressent) ;

2) Altérations qualitatives de la communication, manifestes dans au moins un des domaines suivants :

a) Retard ou absence totale de développement du langage oral (souvent précédé par une absence de babillage communicatif), sans tentative de communiquer par le geste ou la mimique,

b) Incapacité relative à engager ou à maintenir une conversation comportant un échange réciproque avec d’autres personnes (quel que soit le niveau de langage atteint),

c) Usage stéréotypé et répétitif du langage ou utilisation idiosyncrasique de mots ou de phrases,

d) Absence de jeu de « faire semblant », varié et spontané, ou, dans le jeune âge, absence de jeu d’imitation sociale

3) Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités, manifeste dans au moins un des domaines suivants :

a) Préoccupation marquée pour un ou plusieurs centres d’intérêt stéréotypés et restreints, anormaux par leur contenu ou leur focalisation ; ou présence d’un ou de plusieurs intérêts qui sont anormaux par leur intensité ou leur caractère limité, mais non par leur contenu ou leur focalisation,

b) Adhésion apparemment compulsive à des habitudes ou à des rituels spécifiques, non fonctionnels,

c) Maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs (par exemple, battements ou torsions des mains ou des doigts, ou mouvements complexes de tout le corps),

d) Préoccupation par certaines parties d’un objet ou par des éléments non fonctionnels de matériels de jeux (par exemple, leur odeur, la sensation de leur surface, le bruit ou les vibrations qu’ils produisent).

C. Le tableau clinique n’est pas attribuable à d’autres variétés de trouble envahissant du développement : trouble spécifique de l’acquisition du langage, versant réceptif (F80.2), avec des problèmes socio-émotionnels secondaires ; trouble réactionnel de l’attachement de l’enfance (F94.1) ou trouble de l’attachement de l’enfance avec désinhibition (F94.2) ; retard mental (F70-F72) avec quelques perturbations des émotions ou du comportement ; schizophrénie (F20) de survenue inhabituellement précoce ; syndrome de Rett (F84.2).

 

Critères diagnostiques de l’autisme atypique (F84.1)

Forme d’autisme qui peut ne répondre que partiellement à la triade autistique :

A. Présence, à partir de l’âge de 3 ans ou plus tard, d’anomalies ou d’altérations du développement (mêmes critères que pour l’autisme sauf en ce qui concerne l’âge d’apparition).

B. Altération qualitative des interactions sociales réciproques, altération qualitative de la communication, ou caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités (mêmes critères que pour l’autisme, mais il n’est pas nécessaire que les manifestations pathologiques répondent aux critères de chacun des domaines touchés).

C. Ne répond pas aux critères diagnostiques de l’autisme (F84.0).

L’autisme peut être atypique par l’âge de survenue (F84.10), ou par sa symptomatologie (F84.11). Dans le domaine de la recherche, les deux types peuvent être différenciés par le cinquième caractère du code. Les syndromes atypiques par ces deux aspects sont à classer sous F84.12.

Atypicité par l’âge de survenue

A. Ne répond pas au critère A de l’autisme : l’anomalie ou l’altération du développement est évidente seulement à partir de l’âge de 3 ans ou plus tard.

B. Répond aux critères B et C de l’autisme (F84.0).

Atypicité par la symptomatologie

A. Répond au critère A de l’autisme : l’anomalie ou l’altération du développement est évidente avant l’âge de 3 ans.

B. Altération qualitative des interactions sociales réciproques, altération qualitative de la communication, ou caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités (mêmes critères que pour l’autisme, mais il n’est pas nécessaire que les manifestations pathologiques répondent aux critères de chacun des domaines touchés).

C. Répond au critère C de l’autisme.

D. Ne répond pas entièrement au critère B de l’autisme (F84.0).

Atypicité par l’âge de début et la symptomatologie

A. Ne répond pas au critère A de l’autisme : l’anomalie ou l’altération du développement est évidente seulement à partir de l’âge de 3 ans ou plus tard.

B. Altération qualitative des interactions sociales réciproques, altération qualitative de la communication, ou caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités (mêmes critères que pour l’autisme, mais il n’est pas nécessaire que les manifestations pathologiques répondent aux critères de chacun des domaines touchés).

C. Répond au critère C de l’autisme.

D. Ne répond pas entièrement au critère B de l’autisme (F84.0).

 

Critères diagnostiques du syndrome de Rett (F84.2)

A. La période prénatale et périnatale et le développement psychomoteur au cours des 5 premiers mois sont apparemment normaux et le périmètre crânien est normal à la naissance.

B. Décélération de la croissance crânienne entre 5 mois et 4 ans et perte, entre 5 et 30 mois, des compétences fonctionnelles manuelles intentionnelles acquises, associées à une perturbation concomitante de la communication et des interactions sociales et à l’apparition d’une démarche mal coordonnée et instable ou d’une instabilité du tronc.

C. Présence d’une altération grave du langage, versant expressif et réceptif, associée à un retard psychomoteur sévère.

D. Mouvements stéréotypés des mains sur la ligne médiane (par exemple, torsion ou lavage des mains), apparaissant au moment de la perte des mouvements intentionnels des mains ou plus tard.

 

Critères diagnostiques de l’« autre trouble désintégratif de l’enfance » (F84.3)

A. Développement apparemment normal jusqu’à l’âge d’au moins 2 ans. La présence des acquisitions normales, en rapport avec l’âge, dans le domaine de la communication, des relations sociales et du jeu, est nécessaire au diagnostic, de même qu’un comportement adaptatif correspondant à un âge de 2 ans ou plus.

B. Perte manifeste des acquisitions antérieures, à peu près au moment du début du trouble. Le diagnostic repose sur la mise en évidence d’une perte cliniquement significative des acquisitions (et pas seulement d’une incapacité à utiliser ces dernières dans certaines situations) dans au moins deux des domaines suivants :

1) Langage, versant expressif ou réceptif ;

2) Jeu ;

3) Compétences sociales ou comportement adaptatif ;

4) Contrôle sphinctérien, vésical ou anal ;

5) Capacités motrices.

C. Fonctionnement social qualitativement anormal, manifeste dans au moins deux des domaines suivants :

1) Altérations qualitatives des interactions sociales réciproques (du type de celles définies pour l’autisme) ;

2) Altérations qualitatives de la communication (du type de celles définies pour l’autisme) ;

3) Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités s’accompagnant de stéréotypies motrices et de maniérismes ;

4) Perte générale de l’intérêt pour les objets et pour l’environnement.

  1. Le trouble n’est pas attribuable à d’autres variétés de trouble envahissant du développement, à une aphasie acquise avec épilepsie (F80.6), à un mutisme électif (F94.0), à un syndrome de Rett (F84.2) ou à une schizophrénie (F20.-).

 

Critères diagnostiques de l’Hyperactivité associée à un retard mental et à des mouvements stéréotypés (F84.4)

Trouble mal défini dont la validité nosologique reste incertaine. Cette sous-catégorie concerne des enfants ayant un retard mental prononcé (Q.I. inférieur à 34) associé à une hyperactivité importante, une perturbation majeure de l’attention et des comportements stéréotypés. Les médicaments stimulants sont habituellement inefficaces (alors qu’ils peuvent être efficaces chez les enfants ayant un Q.I. normal) et peuvent provoquer une réaction dysphorique sévère (accompagnée parfois d’un ralentissement psychomoteur). À l’adolescence, l’hyperactivité fait souvent place à une hypoactivité (ce qui n’est habituellement pas le cas chez les enfants hyperkinétiques d’intelligence normale). Ce syndrome s’accompagne par ailleurs souvent de divers retards du développement, spécifiques ou globaux. On ne sait pas dans quelle mesure le syndrome comporte mental est la conséquence du retard mental ou d’une lésion cérébrale organique.

  •     Hyperactivité  avec retard mental et mouvements stéréotypés
  •     Hyperactivité avec retard mental et mouvements stéréotypés
  •     Hyperkinésie avec retard mental et mouvements stéréotypés
  •     Retard mental avec hyperactivité et mouvements stéréotypés
  •     Trouble hyperkinétique  avec retard mental et mouvements stéréotypés

 

Critères diagnostiques du syndrome d’Asperger (F84.5)
Le syndrome d’Asperger reprend les éléments de la triade autistique :
A. Absence de tout retard général, cliniquement significatif, du langage (versant expressif ou réceptif), ou du développement cognitif. L’acquisition de mots isolés vers l’âge de 2 ans ou avant et l’utilisation de phrases communicatives à l’âge de 3 ans ou avant sont nécessaires au diagnostic.
L’autonomie, le comportement adaptatif et la curiosité pour l’environnement au cours des 3 premières années doivent être d’un niveau compatible avec un développement intellectuel normal.
Les étapes du développement moteur peuvent être toutefois quelque peu retardées et la présence d’une maladresse motrice est habituelle (mais non obligatoire pour le diagnostic). L’enfant a souvent des capacités particulières isolées, fréquemment en rapport avec des préoccupations anormales, mais ceci n’est pas exigé pour le diagnostic.
B. Altération qualitative des interactions sociales réciproques (mêmes critères que pour l’autisme).
C. Caractère inhabituellement intense et limité des intérêts ou caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités (mêmes critères que pour l’autisme, mais les maniérismes moteurs ou les préoccupations pour certaines parties d’un objet ou pour des éléments non fonctionnels de matériels de jeu sont moins fréquents).
D. Le trouble n’est pas attribuable à d’autres variétés de trouble envahissant du développement, à une schizophrénie simple (F20.6), à un trouble schizotypique (F21), à un trouble obsessionnel-compulsif (F42.-), à une personnalité anankastique (F60.5), à un trouble réactionnel de l’attachement de l’enfance (F94.1), à un trouble de l’attachement de l’enfance, avec désinhibition (F94.2).
La CIM-10 définie les critères des Troubles Envahissants du Développement (TED) selon la triade autistique. Elle est aujourd’hui largement utilisée dans les Centres Ressources Autime (CRA).

Source :

Classification Internationale des Maladies 10ème édition