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La CARS

La CARS (Childhood Autistic Rating Scale) ou échelle d’évaluation de l’autisme chez l’enfant est une échelle élaborée par Eric Schopler et ses collaborateurs dans les années 1980.

 

 

La CARS : présentation de l’outil

Elle est un outil spécifiquement dédié à la détection de l’autisme en discriminant d’autres troubles du comportement chez l’enfant pour rendre compte uniquement des traits autistiques en s’appuyant sur 15 items comportementaux. Il comprend à la fois un entretien avec la famille et une observation des comportements de l’enfant. Son administration prend entre 30 et 45 minutes

La CARS a été élaborée sur un échantillon de 1500 enfants dont 75 % sont des garçons et 57 % ont un âge inférieur à 6 ans. 71 % des personnes évaluées ont un QI inférieur à 70 (retard mental).

Avec cet outil, c’est davantage l’observation concrète qui est mobilisée plutôt que l’intuition clinique, elle nécessite donc un degré d’expertise moindre que d’autres outils et peut être administrée par des professionnels de disciplines différentes pour peu qu’ils soient sensibilisés à l’autisme.

Cinq systèmes de diagnostics ont été compilés pour construire la CARS : les critères de Kanner (1943), les critères de Creak (1961), la définition de Rutter (1978), celle de l’Association nationale pour les enfants autistes (National Society for Autistic Children 1978) et des critères du DSM.III-R (1987).

Avantages de la CARS :

  • L’inclusion de différents critères diagnostiques permet une vision élargie de l’autisme correspond davantage aux réalités empiriques
  • Cet outil a évolué au fil des années : étude sur plus de 10 ans avec un échantillon de 1500 enfants
  • Il est applicable à tous les âges y compris pré-scolaire, ce qui est important pour le dépistage précoce
  • La mise en place de critères objectifs fiables basés sur l’observation comportementale et prenant en compte les données de la recherche scientifique.

 

La CARS : composition et cotation

Les 15 items traités dans cette échelle sont les suivants :

  • Relations sociales : évaluation de l’enfant dans les interactions avec autrui
  • Imitation : imitation des comportements verbaux et non verbaux
  • Réponses émotionnelles : adéquation et intensité du comportement de l’enfant entre des situations agréables/désagréables et les émotions qu’il va manifester face à ces situations
  • Utilisation du corps : observation de la coordination du corps et des mouvements. Recherches de stéréotypies.
  • Utilisation des objets : intérêt et utilisation appropriés des jouets au regard de leur utilisation « normale »
  • Adaptation aux changements : difficulté à modifier les routines et les organisations
  • Réponses visuelles : recherche des formes inhabituelles d’attention visuelle, notamment contact visuel absent ou fuyant
  • Réponses auditives : recherche des comportements inhabituels faces aux sons ou de réponses bizarres aux sons
  • Gout/odorat/toucher (mode d’exploration) : réponse de l’enfant aux stimulis cités, notamment intérêts excessifs ou absence d’intérêts
  • Peur/anxiété : peur inhabituelle ou inexplicable ou absence de peur dans une situation qui susciterait normalement cette émotion
  • Communication verbale : tous les aspects du langage ou de son absence, qui inclus : la structure des phrases, la prosodie, le ton, le volume, le niveau de vocabulaire
  • Communication non verbale : observation des expressions faciales, des gestes, de la posture…
  • Niveau d’activité : observation de l’hyper ou hypo activité selon des contextes cadrés ou libres
  • Niveau intellectuel et homogénéité du fonctionnement : observation du niveau générale d’intelligence mais aussi des pics de compétences et/ou de déficits
  • Impression générale : noter la première impression subjective par rapport au diagnostic d’autisme, sans comptabiliser les scores aux items précédents

 

Chacun des 15 items peut recevoir une note de 1 à 4 :

  1. la note 1 indique que le comportement de l’enfant est dans les limites de la normale pour un sujet du même âge.
  2. une note 2 signifie que le comportement de l’enfant est légèrement anormal comparé à celui d’un sujet du même âge.
  3. une note de 3 indique que le comportement de l’enfant est moyennement anormal pour cet âge.
  4. une note de 4 indique que le comportement de l’enfant est sévèrement anormal pour un sujet de cet âge.

Des notes intermédiaires à 0.5, permettent une précision plus fine de type 1,5 : très légèrement anormal pour l’âge ou 2,5 : légèrement à moyennement anormal pour l’âge.

La personne qui administre l’échelle doit prendre en compte les éléments de fréquence, de récurrence, de durée et d’intensité des comportements observés.

Plus le score obtenu est faible, moins l’enfant présente des caractéristiques autistiques et inversement.

Cet outil à lui seul ne suffit pas à poser un diagnostic d’autisme, mais il permet de valider ou invalider un soupçon et de proposer des évaluations complémentaires sur la base des comportements observés.

 


Sources :

Manuel de l’Echelle d’Evaluation de l’Autisme Infantile, traduction de Bernadette Rogé

Autisme : comprendre et agir, Bernadette Rogé, 2008, Dunod,