Le cerveau des filles autistes présente des caractéristiques anatomiques distinctes

Cet article est une traduction du texte d’Hannah Furfaro publié dans le magazine de vulgarisation Spectrum News dont vous trouverez les références complètes en bas de page et qui aborde la thématique des différences de sexe dans la structure du cerveau des personnes autistes.

Les réseaux de fibres nerveuses dans le cerveau des filles autistes sont plus fragmentés que ceux des filles typiques. En revanche, une nouvelle étude suggère que la structure du cerveau des garçons autistes ne peut être distinguée de celle des garçons typiques 1.

Les résultats viennent d’une des plus grandes études sur les différences entre les sexes dans la structure du cerveau chez les personnes autistes. Les chercheurs ont eu du mal à trouver un ensemble cohérent de différences dans la structure du cerveau entre garçons et filles.

Nous pensions bien voir quelque chose chez les filles, mais nous ne nous attendions pas à ce résultat spectaculaire. Nous ne voyions rien chez les garçons, puis nous avons vu toutes ces différences chez les filles

Roger Jou

déclare le chercheur principal Roger Jou, instructeur au Yale Child Study Centre.

L’étude est remarquable pour son attention portée aux filles autistes, qui sont peu étudiées – en partie parce que peu d’entre elles sont diagnostiquées : environ quatre garçons pour chaque fille ont un diagnostic d’autisme.

Il est «super, super inhabituel» pour les études d’imagerie cérébrale d’inclure un échantillon significatif de filles autistes, déclare KajsaIgelström, professeure assistante de neuroscience à l’université de Linköping en Suède, qui n’a pas participé à la recherche.

[La nouvelle étude comprend] suffisamment de femmes pour au moins savoir qu’ils ont des résultats solides

KajsaIgelström

Contrôle de qualité

Les chercheurs ont recruté 25 filles et 56 garçons autistes, et 15 filles et 23 garçons au développement typique. Cela a pris cinq ans pour constituer ce groupe, ce qui reflète la difficulté de recruter des filles autistes dans les études, explique Jou.

L’équipe a examiné le cerveau des participants à l’aide d’un système d’imagerie par tenseur de diffusion, qui suit le flux d’eau le long des voies nerveuses cérébrales pour révéler leur emplacement et leur intégrité. L’intégrité est une mesure de la manière dont les réseaux sont ordonnés.

Deux chercheurs ont examiné les images pour détecter les distorsions dues aux mouvements de la tête dans le scanner et ont exclu les numérisations floues ou irrégulières.

C’était assurément une force de l’étude, le soin avec lequel ils ont abordé la façon de gérer le mouvement dans leur ensemble de données

Christine Nordahl

déclare Christine Nordahl, professeure agrégée de psychiatrie et de sciences du comportement à l’Université de Californie, non impliquée  dans la recherche.

Par rapport aux sujets témoins, les filles et les femmes autistes ont une intégrité moindre dans plusieurs réseaux de nerfs, ont découvert les chercheurs, notamment dans une zone reliant le lobe occipital situé à l’arrière de la tête au lobe temporal latéral. Les différences sont plus grandes du côté gauche du cerveau que du côté droit. Cela explique peut-être les difficultés linguistiques des filles, car les principales régions linguistiques du cerveau se situent dans l’hémisphère gauche, explique Jou.

Effet protecteur

Il n’y a pas de différences apparentes dans la structure du cerveau entre les garçons autistes et les garçons au développement typique. Les résultats ont été publiés en juillet dans Autism Research.

Les filles autistes ont des traits autistiques similaires à ceux des garçons: les deux sexes ont obtenu des résultats similaires lors d’un test de sévérité de l’autisme. Ce résultat correspond à une théorie appelée l’effet protecteur féminin, disent les chercheurs. Cette théorie postule que les facteurs biologiques – tels que le manque d’intégrité des voies cérébrales – doivent être plus extrêmes chez les filles que chez les garçons pour aboutir à l’autisme.

Cependant, la preuve est indirecte.

C’est cohérent avec l’effet protecteur féminin, mais je ne pense pas que ce soit une preuve de [la théorie] .

Christine Nordahl

Le groupe d’âge étendu des participants est une limite de l’étude, dit Nordahl. Les différences structurelles chez les garçons et les hommes autistes ne pourraient apparaître qu’à certains âges, et le regroupement de personnes d’âges différents pourrait masquer cette variation.

Pour rendre compte de cette faille, l’équipe prévoit de recruter plus de participants et d’analyser les résultats par âge, explique Jou.

1. Lei J. et al. Autism Res. Epub ahead of print (2019) PubMed


Références :
Autistic girls’ brains show distinct anatomical features, by Hannh Furfaro  /  16 September 2019, Spectrum News

(6 commentaires)

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    • Line-Marie FORTIER on 17 septembre 2019 at 22 h 51 min
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    Puisque la France a du retard, aidez au moins les petits garçons et les hommes. J’ai l’impression que les femmes arrivent à mieux se faire une place, dès toutes petites. Bien sur qu’on galère, mais on est plus résilientes. Bon, je vais pas me faire des amis mais je voulais le dire car c’est mon ressenti.

    1. Oui pas de soucis, tout le monde à ses propres idées et il est vrai qie la France est en retard 🙂 Pour ma part je pense que les aides attribuées aux personnes autistes qu’elles soient humaines ou financières ne devraient tenir compte ni du genre, ni de l’âge. Seuls les besoins réels de la personne comptent, et l’urgence de sa situation.

    • rosianne ayotte on 19 septembre 2019 at 18 h 11 min
    • Répondre

    Merci de nous informer et nous aider à mieux comprendre l’autisme

    1. Merci de me lire et d’essayer de comprendre, pour vous et/ou vos proches 🙂

    • BRAHIM El barbouchi on 24 septembre 2019 at 13 h 08 min
    • Répondre

    Davantage de causes inhérentes à l’etiologie d’autisme s’avèrent inconnues,en conséquence,le progrès de la recherche dans le cadre de TSA donne à désirer,ainsi les investigations et la recherche spécifiques sont dûment éclectiques et sélectives et surtout que tout le travail se concentre sur les conséquences de l’autisme et oublie l’essentiel qui reside vraisemblablement au sein des causes de ce phénomène de TSA,par ailleurs ,comme on peut le constater, on excelle dans la prise en charge des personnes atteintes de troubles de spectre d’autisme alors que l’établissement de diagnostics et bilans psychologiques s’ouvrent à quatre portes ; je recommande vivement d’encourager la recherche neuroscientifique d’aller droit à la cible et de nous reveler les vrais causes qui déclenche ces conséquences relatives au TSA
    Cordialement.

    • Moon on 17 octobre 2019 at 21 h 56 min
    • Répondre

    On a toujours remarqué ma différence même si j’ai essayé le camouflage par mimétisme dans les groupes trop de difficulté à communiquer trop d’information d’un seul coup plis facile pour moi de me faire une amie que d’avoir la sympathie d’un groupe petite je jouais seule avec les jouets je jouais pas avec les autres me ressasse mon père je pensais qu’il se moquait de moi je ne comprenais pas pourquoi Il disait cela on me disait souvent “pourquoi tu parles pas jamais?” du coup ca me bloquait j’étais très anxieuse la famille me trouvait trop calme pas bavarde muette même avec les gens que je connais bien je répète les même choses ca agace les gens ou ils ne mecoutent plus j’aime la routine ca me rassure au travail on m’a démasqué mon déficit social donc la c’est la déprime car je ne peux jouer un rôle continuellement ca mepuise au final je me dis il y a des gens qui communique peu je me dit et alors

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