Les difficultés rencontrées par les frères et sœurs d’enfants autistes

Selon une nouvelle analyse, les frères et soeurs typiques d’enfants autistes ont tendance à avoir des problèmes d’anxiété, de dépression et des difficultés sociales.

 

 

Les recherches apportent des preuves tangibles qui démontrent que les frères et soeurs typiques d’enfants autistes rencontrent aussi des difficultés, selon Carolyn Shivers, professeure assistant en développement humain au Virginia Polytechnic Institute and State University.

Ces résultats appuient la théorie d’un phénotype autistique élargit, qui explique que certains membres de la famille partagent des traits communs de l’autisme.

Cependant, cette étude ne permet pas de définir à quel point les difficultés observées chez les frères et soeurs non autistes sont liées à des facteurs génétiques ou à l’environnement familial, explique Mandy, maitre de conférence expérimenté en psychologie clinique, de l’éducation et de la santé au University College London, qui n’était pas impliqué dans l’étude.

Cette étude (Shivers C.M. et al. Clin. Child Fam. Psychol. Rev.) est une méta-analyse de 69 recherches qui comprennent 6679 enfants autistes ayant un frère ou une soeur et 21 263 sujets contrôles.

La totalité de ces études incluent des frères et sœurs qui ont au moins 5 ans, âge à partir duquel ces comportements deviennent apparents. Les enfants qui ont un frère ou une soeur autiste ont plus tendance à se replier et à avoir des compétences sociales moins développées. Ils rencontrent des difficultés aussi bien socialement qu’émotionnellement qui sont plus importantes que les enfants ayant un frère ou une soeur avec un autre handicap que l’autisme ou sans handicap.

Cependant, ils ne sont pas plus susceptibles que les contrôles d’avoir des problèmes de comportements extérieurs, tels que les agressions. Et leurs stratégies pour faire face à l’adversité ne sont pas inhabituelles non plus.

Les résultats suggèrent que les frères et soeurs typiques d’enfants autistes ont plus de risques de développer  des maladies secondaires ou des traits associés à l’autisme, mais pas aux caractéristiques fondamentales de l’autisme. Celles-ci n’ont d’ailleurs pas été examinées, déclare Molly Losh, professeure agrégée en sciences de la communication et troubles de la communication à la Northwestern University d’Evanston , Illinois.

Les résultats ne variant pas selon que ce soit les parents ou les frères et soeurs eux-mêmes qui remplissent les questionnaires. Shivers trouve que cela est plutôt surprenant parce que les parents d’enfants autistes sont susceptibles d’être particulièrement sensibles aux traits de l’autisme chez leurs autres enfants.

 

Pour moi, cela signifie que c’est une chose réelle: il n’y a pas que les frères et sœurs qui sont trop dramatiques ou les parents qui sont trop inquiets

dit Shivers.

Les résultats suggèrent que les frères et soeurs non autistes gagneraient à bénéficier d’une intervention comportementale précoce.

 

Les frères et sœurs devraient faire l’objet d’un dépistage des symptômes intériorisés et d’autres symptômes psychologiques, qui peuvent être ciblés efficacement grâce à des interventions fondées sur des preuves

déclare Paige Siper, professeure assistante de psychiatrie à la Icahn School of Medicine du Mount Sinai à New York.

Une autre enquête publiée le 3 octobre (Ben-Itzchak E. et al. J. Abnorm. Child Psychol.) met en lumière une autre perspective des relations de la fratrie : les chercheurs ont montré que les enfants autistes avec un frère ou une sœur plus âgé(e)s développent de meilleures compétences sociales que ceux qui n’ont aucun frères et sœurs.  Les frères et sœurs typiques peuvent servir de modèles sociaux à leur cadet autiste.

 


Sources:

Siblings of children with autism have social, emotional problems by Jessica Wright  /  11 October 2018, Spectrum News

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(5 commentaires)

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    • ADRIEN on 11 février 2019 at 18 h 16 min
    • Répondre

    Très intéressant et bien résumé et présenté

    1. Merci beaucoup 🙂 Je me suis renseignée sur ce sujet après avoir assisté à une conférence d’un CRA qui met en place un “groupe fratrie”. Il y a des outils d’accompagnement à construire dans ce domaine.

    • claire on 1 mars 2019 at 22 h 32 min
    • Répondre

    Bonjour, merci pour cet article, sa lecture m’a fait du bien car ma grande sœur est autiste, j’ai 35 ans et depuis mon enfance je me suis toujours sentie différente, à part, et j’ai du mal à voir les choses positivement, être en société me demande beaucoup d’efforts aussi, je me suis souvent demandée si je ne devrais pas consulter un spécialiste, mais qui pourrait répondre à mes questions ? Et puis je me disais aussi que je me faisais de fausses idées, et là je me dis que finalement peut être pas…

    1. En fait à la lecture de cet article vous vous demandez si vous pourriez être concernée par l’autisme ? Avez-vous eu lu cet article sur les principales caractéristiques des femmes autistes ? https://comprendrelautisme.com/lautisme/les-femmes-autistes/
      Si vous pensez être concernée, vous pouvez contacter l’association AFFA : association.af2a@gmail.com Elles pourront vous renseigner sur les démarches diagnostiques possibles et les professionnels spécialisés.

      • Julien on 27 mars 2019 at 13 h 17 min
      • Répondre

      Bonjour, en cherchant sur internet je suis tombé sur cet article dans lequel, je me suis identifié, j’ai moi-même eu un frère autiste qui est mort en 2012. Comme vous, je me suis toujours senti différent, à part, et j’ai aussi une vision très négative des choses, et j’ai beaucoup de mal à être social et être à l’aise avec les autres, je me renferme beaucoup sur moi-même, sans oublier le manque de confiance en moi. Il est mort, mais l’impact qu’il a eu sur moi est resté, pendant longtemps je ai voulu à lui, à mes parents, attention je sais que ce n’était pas leur faute, mais allez expliquer cela à un enfant qui grandit avec un grand frère autiste, qui avait 4 ans de plus que moi. Aujourd’hui il n’est plus là, je suis plus mature (j’ai 30 ans) et j’ai plus de recul, il n’empêche que quelque part je lui en veux encore, ainsi qu’à mes parents. Maintenant j’essaie de changer les choses en voyant un coach de vie, mais ce n’est pas facile de s’y confronter. J’avoue que le sujet reste très sensible pour moi, et me met très mal à l’aise.

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