Les effets de l’activité physique chez les personnes autistes

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Cet article est la synthèse de deux méta-analyses traitant de l’activité physique chez les personnes autistes. L’autisme se caractérise par des difficultés dans la communication et les interactions sociales ainsi que des comportements répétitifs et restreints. En plus de ces caractéristiques, les capacités motrices sont aussi souvent atteintes.

Propos introductifs sur l'activité physique chez les personnes autistes

L’activité physique fait référence à toutes sortes d’actions physiques parmi lesquelles il y a l’exercice physique, le travail, les travaux ménagers, les divertissements et autres activités.
Cependant, en raison des difficultés sociales et comportementales, l’activité physique chez les personnes autistes est moins répandue..

Les parents ont également indiqué que leurs enfants autistes participaient à beaucoup moins de types d’activités physiques que leurs pairs au développement typique, et consacraient moins de temps chaque année à ces activités physiques que leurs pairs non autistes (Bandini et al., 2013).

Le manque d’activité physique est plus susceptible d’affecter leur comportement et cela peut entrainer plus de risque d’obésité ou des problèmes cardio vasculaires (McCoy, Jakicic, & Gibbs, 2016).

La pratique du sport et de l’activité physique chez les personnes autistes a des effets bénéfiques sur la santé physiologique et mentale des personnes autistes et agit sur les caractéristiques principales de l’autisme, notamment les capacités d’interactions sociales, de communication, les comportements stéréotypés.

Ces études ont montré que l’activité physique était une intervention efficace auprès des personnes autistes.

Cependant il faut relativiser ces résultats car il y a une grande variation dans ces études au niveau de la taille de l’échantillon, des moyens et des temps d’intervention étudiés, de la fréquence des interventions.

Une étude (Jinfeng Huang 2020) a évalué objectivement l’effet d’intervention de l’activité physique sur la capacité d’interaction sociale, la capacité de communication, les aptitudes sportives et degré d’autisme des enfants et des adolescents autistes afin de fournir la base pour l’application clinique de l’intervention d’activité physique dans le fonctionnement des enfants et adolescents autistes.

Une autre méta-analyse a étudié l’effet de l’activité physique chez les personnes autistes concernant plus particulière le développement des capacités motrices, des capacités de mobilité, des compétences de fitness et de la force et l’endurance musculaire.

Les résultats des deux méta-analyses

L’article de Huang (2020) est une revue systématique de l’analyse des de données quantitatives sur les effets de l’activité physique chez les enfants et adolescents autistes. Tous les essais contrôlés randomisés éligibles ont été publiés entre 2010 et 2019. Les résultats ont montré que l’activité physique peut améliorer considérablement la capacité d’interaction sociale et la capacité de communication des enfants et des adolescents autistes et améliorer les capacités motrices.

En revanche ils n’ont trouvé aucune corrélation avec les comportements stéréotypés.

Grâce à des activités physiques organisées et adaptées, les personnes autistes ont la possibilité de communiquer avec les autres. Dans les articles sur l’influence de l’activité physique sur la capacité d’interaction sociale et la capacité de communication des enfants et adolescents autistes, tous les chercheurs ont mentionné la manière dont ils ont amené les personnes à jouer à des jeux. Les enfants autistes ont une expérience de jeu de moins bonne qualité que les enfants non autistes du même âge. Les activités sportives peuvent remplir la fonction de jeu à certain niveau.

Les activités mises en place peuvent inclure de l’équitation (Borgi et al., 2016; Gabriels et al., 2016; Lanning, Baier, Ivey-Hatz, Krenek, & Tubbs, 2014), différents jeux de groupe (Schleien, Rynders, Mustonen, & Fox, 1990), des programmes de running (Oriel, George, Peckus, & Semon, 2011), et le exergaming (Anderson-Hanley, Tureck, & Schneiderman, 2011).

Qu'est-ce que l'exergaming ?

C’est la contraction du terme "exercice" et "gaming". C'est un terme utilisé pour les jeux vidéo qui sont également une forme d'exercice physique. L’exergaming s'appuie sur une technologie qui suit les mouvements ou les réactions du corps. Ce genre de jeux a gagné de l’ampleur et renverser le stéréotype du jeu vidéo comme étant une activité sédentaire. Référence Wikipédia

Les résultats trouvés sont modérés et dépendent beaucoup du type d’activité physique engagé.

L’amélioration des interactions avec les pairs, la fratrie et les professionnels est particulièrement visible dans l’équithérapie et serait lié à la capacité de l’animal comme médiation positive pour engager les relations avec autrui (Borgi, 2016; Lanning, 2014).

Les améliorations des habiletés locomotrices et des capacités motrices de cette population sont particulièrement importantes, car de faibles habiletés motrices se sont révélées être un obstacle important à la participation à l’activité physique chez les personnes autistes (Must et al., 2015).

La catégorie fitness (condition physique) comprend plusieurs domaines, notamment :

Il a été démontré que cette catégorie était grandement affectée pour les groupes expérimentaux par la mise en œuvre d’interventions d’activités physiques.

Cela peut être particulièrement intéressant pour les personnes autistes qui ont des difficultés à tenir une posture (Molloy, Dietrick, & Bhattacharya, 2003), des problèmes de coordination ou d’agilité (Pan, 2012).

Références :

Healy S, Nacario A, Braithwaite RE, Hopper C. The effect of physical activity interventions on youth with autism spectrum disorder: A meta-analysis. Autism Res. 2018 Jun;11(6):818-833. doi: 10.1002/aur.1955. Epub 2018 Apr 25. PMID: 29693781.

Huang J, Du C, Liu J, Tan G. Meta-Analysis on Intervention Effects of Physical Activities on Children and Adolescents with Autism. Int J Environ Res Public Health. 2020 Mar 17;17(6):1950. doi: 10.3390/ijerph17061950. PMID: 32192008; PMCID: PMC7142971.

Cet article a 6 commentaires

  1. Comtesse

    Je comprend tous à fait la recherche qui a été fait sa été le cas pour moi, j’avais par contre beaucoup de mal à jouet à des jeux de groupe. Par contre pour l’athlétisme
    je me débrouillais bien. Je pense aussi qu’il ne faut pas généraliser les difficultés de l’autisme, nous sommes tous différents mais avons des problèmes parallèles nous pouvons réagir de différente façons selon la situation et la façon don nous avons été élevé car le cadre familiale joue beaucoup sur l’évolution de l’enfant. enfin je ne sais pas ce que vous en penser.

    1. Phantom

      Oui bien sur, toutes les personnes sont différentes et dans tous les cas les acticités sportives ont parfois besoin d’être adaptées pour être accessibles et compréhensibles aux personnes autistes. ca ne convient pas à tout le monde, mais les AP peuvent être une richesse et une source d’épanouissement.

      1. Comtesse

        Bonjour Phantom excuse moi j’ai été un peut vite dans ma réponse. effectivement je trouve que cela est très bien pour les enfants autistes les activités physiques organisées et adaptées cet article est très intéressant, à l’école pendant mon enfance et surtout à l’adolescence pour les jeux de collectivité, football et handball je ne savais pas bien jouet et pour moi cela était un peut compliqué on se moquait de moi les enfant parfois typique sont dur avec les atypique cela était très perturbant j’ai beaucoup souffert cela n’est pas très constructif pour un autiste. c’est pour cela que je pratiquait des activités sportifs comme la course à pied ou la natation des sports que je pouvait pratiquer seul à l’extérieur de l’école

        1. Phantom

          Oui je comprends tout à fait : les jeux collectifs ca m’a toujours semblé très compliqué. Même les sports en un pour un, si c’est en club, c’est difficile. Il y a un aspect social important à gérer, qui peut être très fatiguant et demander beaucoup d’énergie. Maintenant je fais de la course à pied en forêt et je ne croise personne, ca convient bien à mon fonctionnement.

  2. Claire

    Bonjour,
    Un petit témoignage.
    Notre fils ado autiste Asperger a choisi il y a quelques années de faire de la gymnastique. Je n’aurais peut-être pas pensé à lui proposer ! Mais il avait passé un été entier à s’entraîner pour savoir marcher sur les mains (c’est le super truc des intérêts spécifiques, il essayait tous les jours sans relâche et en 2 mois c’était bon). Le super truc avec la gymnastique, c’est qu’il y a peu de garçons qui en font et du coup il se retrouvait en tout petit groupe assez privilégié, une dizaine de garçons d’âges et niveaux différents (pour environ 280 filles dans le club !). Du coup, pas de compétition mais un entraînement serein et juste une prestation de groupe à la fin de l’année. Cela lui a beaucoup plu et a développé ses compétences. Il a arrêté maintenant mais s’est pris de passion pour le vélo pendant le confinement du printemps, à partir du moment où il a eu l’autorisation, en tant que personne autiste, de sortir plus longtemps et plus loin que les autres. Nous sommes en zone rurale et il peut rouler sur des petits chemins plutôt que les routes plus dangereuses, il a fait jusqu’à 60 km par jour à la fin de l’été et a des projets d’aller peut-être rouler et camper avec un ami l’été prochain quelques jours, ce serait super !

    1. Phantom

      Merci pour votre témoignage, que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire. J’ai fait l’inverse de votre fils : je suis une femme et j’ai toujours fait des sports très masculins. J’étais aussi dans une sorte de petit groupe, je comprends exactement ce que vous évoquez. Et comme votre fils, après le déconfinement j’ai débuté une activité en plein air : la course à pied en forêt. C’est amusant de voir des similitudes dans nos parcours 🙂
      C’est aussi super que ca l’amène à aller vers les autres et programmer une sortie avec un ami autour d’une activité qu’il aime bien.

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